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La petite histoire de l’Halloween, de la citrouille et des sorcières...

Au Québec, le 31 octobre de chaque année, sorcières, monstres, fantômes et autres créatures fantastiques, hantent les rues des villes et des campagnes. C’est la fête de l’Halloween !
 
HISTOIRE et FOLKLORE...
Il y a quelques milliers d’années, en Europe, on célébreait la fin de l’été par des rituels. Ainsi, chez les Celtes qui habitaient le pays de Galles, donc l’Irlande et l’Écosse, la nouvelle année commençait le 1er novembre. Pour marquer le passage d’une saison d’abondance à la suivante, caractérisée par le froid et la noirceur, on organisait une joyeuse fête en l’honneur de Samhain, le dieu des morts.
 
Les festivités débutaient la veille du nouvel an, donc le 31 octobre, et duraient une semaine. Les druides revêtaient des masques et des costumes, allumaient de grands feux pour éloigner les esprits maléfiques qui pouvaient venir hanter les vivants.
 
Les Celtes, ce soir-là, sacrifiaient des animaux et laissaient à la porte de leur maison quelque chose à manger, pour apaiser les âmes errantes et échapper ainsi à leur desseins malveillants. 

HALLOWEEN AU QUÉBEC…
La fête celte de Samhain, qui deviendra plus tard Halloween, fait son apparition chez nous, en Amérique, vers 1840-50, à l’occasion de l’arrivée massive des Irlandais qui fuyaient la terrible famine qui sévissait dans leur pays. Aux États-Unis, la tradition celtique s’est progressivement modifiée, pour devenir la fête que nous connaissons aujourd’hui.
 
Au Canada, la fête s’est répandue à la fin du 19e siècle, avec l’arrivée d’immigrants irlandais et écossais. Mais au Québec, le clergé de l’Église catholique étant très influent, les célébrations de l’Halloween ont connu des débuts beaucoup plus lents et une popularité tardive… Dans les églises et les écoles, on mettait surtout l’emphase sur la fête religieuse de la Toussaint, célébrée le 1er novembre.

MAIS REVENONS À SAMHAIN, LE NOUVEL AN CELTE...
Samhain était une période hors du temps où l’autre monde (le monde où vivent les morts) et notre monde (le monde des vivants) entraient en contact. Cela marquait également le nouvel an celte. Le jour du passage à l’an nouveau était le 1er novembre, et les festivités de Samhain duraient une semaine.
 
Les druides dirigeaient cette fête qui était obligatoire. Samhain est le dieu des morts, et ce jour-là, il guidait les morts de l’année vers leur nouvelle destination. Cette nuit-là, tous les feux s’éteignaient, même le feu sacré des druides. Puis, lors d’une cérémonie, le feu sacré était de nouveau allumé avec des branches de chêne. Une braise était transmise à chaque foyer assurant le renouveau et honorant le dieu du soleil. Si les morts pouvaient rendre visite aux vivants, les mauvais esprits le pouvaient aussi. Alors, pour conjurer le sort, les Celtes se déguisaient pour les effrayer. À cette occasion, des festins gigantesques étaient organisés.
 
LA FÊTE DE SAMHAIN SE CHRISTIANISE…
Le christianisme a fini évidemment par toucher les régions celtiques. Confrontés aux rites de Samhain, les évêques ont demandé d’instituer une fête des morts le 1er novembre. Le pape Grégoire III transféra la Toussaint en novembre (au lieu du dimanche suivant la Pentecôte) et Louis le Pieux en fixa la date au 1er novembre en 835. Samhain disparut pour devenir la Toussaint...
 
En Irlande, par contre, Samhain s’est mélangée avec la Toussaint et créa ainsi l'Halloween, qui serait la contraction de All Hallows’Eve, littéralement ''la veille de toutes les âmes''.  Lors de la Grande Famine, les Irlandais ont immigré massivement aux États-Unis, emportant avec eux cette tradition. Elle marquait le début du cycle hivernal, celui de la lutte entre les ténèbres et la lumière. La légende veut que cette nuit-là, les âmes qui n’ont pas accès au paradis errent dans les campagnes. Du coup, les déguisements pour leur faire peur se sont transmis. Pour faire fuir ces âmes errantes, on évidait un gros navet et on y découpait des yeux et une bouche. Il était placé devant la maison, une bougie allumée à l’intérieur. Le navet s’est ensuite transformé en citrouille…

L’ORIGINE DE LA CITROUILLE
Née d’une légende… Y paraîtrait qu’un certain Jack, un irlandais, aurait jouer un tour pendable au diable en le convainquant de grimper à un pommier pour y cueillir des fruits. Puis, alors que le diable était dans l’arbre, Jack aurait gravé une croix sur le tronc, empêchant ainsi l’ange des enfers de redescendre. Mais Jack, bientôt fatigué et désirant rentré chez lui, offrit au diable de le tirer de ce mauvais pas à la condition qu’il ne lui réclame jamais son âme. Le diable lui accorda cette grâce, désirant avant tout retourner à ses feux éternels dans son enfer.
 
Cependant Jack l’Irlandais avait mené une si mauvaise vie, qu’à sa mort, les anges lui refusèrent le Paradis. Comme il ne pouvait plus aller en enfer, suite à son marché avec Satan, il était condamné à retourner sur terre pour y errer jusqu’au jugement dernier. Mais le chemin du retour était long, il faisait noir et froid. C’est alors que le diable lui jeta de l’enfer un charbon ardent, pour retrouver son chemin dans la noirceur des limbes. Jack le plaça à l’intérieur d’un navet évidé pour s’en faire une lanterne. Ainsi il pourrait éclairer son chemin sans se brûler les mains.
 
Aux États-Unis, le navet de l’histoire fut remplacer par une citrouille, beaucoup plus facile à creuser que le navet. Les États-Uniens la baptisèrent Jack-O’Lantern…
 
ET LES SORCIÈRES DANS L'HISTOIRE  ?
Si on en croit la légende, on a tort de représenter les sorcières comme de vieilles femmes laides au nez crochu, avec des dents pointues. Dans les temps anciens, en Europe, les sorcières étaient plutôt de jolies femmes célibataires qui soignaient les malades gratuitement. Mais pour déterminer qui avait vraiment besoin de leur aide, elles se déguisaient en vieilles dames laides et allaient préalablement quêter chez les gens pour s’assurer de leur générosité.
 
Quant au balai légendaire des sorcières, l’histoire a aussi tenté une explication… Ces gentilles dames risquaient évidemment de rencontrer des malfaiteurs sur leur chemin, ou des violeurs, et pour se protéger elles s’armaient d’un balai aux branches aussi acérées que les dents d’un vampire et aussi longues que les cornes du diable, précise la légende. Ceux qui osaient s’en prendre à elles étaient repoussés rapidement. Pour excuser sa défaite, le bandit racontait que la sorcière s’était changée en chat noir et l’avait griffé. De là sans doute la croyance que les sorcières peuvent se transformer dangereusement en chats noirs !

Sylvie Demers
naturothérapeute-herboriste
Bonne Femme Demers inc.


Sources des informations...

Horoscope Quotidien, octobre 2003.
Horoscope Quotidien, novembre 2005.
La grande Époque, 25 au 31 octobre 2005.
Journal Les 2 Rives, 25 octobre 2005.